Ce que notre discussion de cette semaine sur la climatisation dit de nous, et ce qu’on peut en faire
Quelques mots sur cette semaine de rupture dans le rapport de notre pays à sa nature. Et la réponse politique qui doit en découler.
Voilà une grosse semaine que le pays étouffe, et que notre discussion publique, qui a des airs d’engueulade de village gaulois en plein album d’Astérix, s’est cristallisée sur la climatisation, sa nécessité, nos tabous et nos politiques en la matière. Ce débat prouve encore une fois de plus la polarisation extrême, non des avis des Français, qui sont assez convergents en la matière, mais bien des opinions exprimées par les politiques et dans les médias et médias sociaux, qui empruntent un champ du noir et blanc, de l’accusation de l’autre, et de l’absence de nuance, dans un pays fatigué et échauffé.
On aura en dix jours vu une foire à la saucisse argumentaire et une hyperbole de discours absurdes, venant d’à peu près partout. Au milieu de tout ça, difficile de cerner, pour un Français concerné, le faisable de l’accessoire, et où se situe le vrai problème.
Nous n’avons pas besoin de rendre d’un coup la climatisation obligatoire dans toutes les écoles par la loi (comme si la loi avait du pouvoir en la matière). Nous n’avons pas besoin d’urgence d’un « grand plan » de climatisation de tous les bâtiments publics (comment le finance-t-on ?), autant que nous n’avons pas besoin de condamner la climatisation comme la pire des solutions, qui aggraverait le problème, en agitant une alternative qui ne résout rien à la bonne échelle. Les impasses des propositions politiques sont criantes.
Retenons donc ce qui est positif. Avec violence, certes, et anathèmes, le champ des politiques publiques se rapproche des attentes des Français, qui cherchent des solutions, parmi lesquelles la climatisation est bien jugée la plus efficace, même si nocive à l’environnement (Étude IPSOS pour Bouygues immobilier, juin 2026). Le consensus avance, et les lignes politiques bougent, surtout en faisant face à la réalité des canicules qui s’emballent. Chacun a, ces derniers jours, fait un petit bout de chemin, sans le dire complètement. Ce mauvais débat public ne fait rien avancer, mais le réel cogne, et les tabous se découvrent.
On bouge, donc, et c’est bien. Mal, tardivement, mais on bouge, il le faut bien face à l’exception dont on pressent qu’elle s’installe.
Mais derrière les positions politiques et les discours de façade, qui visent plus à cliver, refléter un positionnement que de construire une politique solide, comment peut-on comprendre ce rapport des Français à la clim ? Pourquoi est-on aussi bloqué sur ce sujet, dans notre pays en particulier, et comment le dépasser ?
Trois centimes et des pistes d’analyses, au-delà des fondements économiques et écologiques du sujet. Je pense que nous avons en France une culture très spécifique qui nous emmène vers cette singularité, sur laquelle on peut et doit agir.
Un rapport très singulier de la France au bâti
La principale raison qui est avancée sur ce refus culturel de la climatisation est agitée comme un « jansénisme doloriste », qui voudrait qu’on aime, dans ce pays, souffrir, en héritage de notre culture catholique. De fait, oui, la culture catholique qui reste forte dans notre pays, et ses élites dirigeantes, a sans doute un peu à voir avec cette idée qu’on aura un salut ailleurs, et que la maximisation de nos capacités sur terre n’est pas notre objectif premier. C’est une soupe post-Weberienne assez acceptable. Mais nos amis espagnols et italiens ont un même fond culturel, et s’y sont conformés (la clim y est chez eux monnaie courante). Et je ne crois pas que la France soit, dans ses fondements, toujours aussi culturellement « janséniste » (dans l’acceptation péjorative et largement transformée du terme) qu’on veut le dire. Les Français sont en réalité assez largement alignées avec le reste des pays européens. En France, les jésuites, et leur ambition de faire fructifier les talents, ou l’éthique protestante du capitalisme, ne sont pas dominantes, certes, mais chacun aimerait gagner plus et être plus efficace, même si c’est surtout pour mieux profiter de l’apéro ensuite. Nous ne sommes pas un pays résigné à la pauvreté et à l’inconfort sur terre, du tout.
Je pense que l’explication de notre refus de la climatisation tient plus à notre culture très singulière du rapport à la construction, qui est le fruit de notre héritage.
Nous avons un rapport très singulier, presque unique au monde, sur ce qu’est un bâtiment, qui vient de notre histoire, et qui continue à exister largement aujourd’hui. En France, construire un bâtiment, c’est d’abord avoir un discours sur la cité, une théorie qu’on applique. Dans le monde anglo-saxon, nordique, ou dans le sud de l’Europe, construire un bâtiment, c’est avant tout répondre à des contraintes. Cela vient de la culture de notre architecture, qui vient énormément de la commande d’État, du roi, et notre pouvoir central, qui domine encore sur les discours, les projections imaginaires et la culture du bâti de ce pays. Elle revit même, avec la mise en scène politique de Versailles, et l’épisode politique majeur de Notre-Dame.
Il y a de ce point de vue une tension énorme entre une perception publique, médiatique, de ce qu’est un bâti, centrée sur le geste que cela reflète et l’expression de pouvoir ou de préférences que cela reflète, et le vécu quotidien de Français attachés à une vision pragmatique, individuelle, simple, d’un bâtiment pas cher et confortable.
En France, c’est le politique et l’architecte qui ont la parole pour parler de leur geste, de leur ambition, quand on construit, et notre imaginaire reste fasciné par cela. Ailleurs, presque partout, c’est le « faire avec » des contraintes, des matériaux, qui gagne.
Notre culture du bâti est aussi celle de la pierre, transformée en béton. Nous avons un goût ancien et dominant, presque unique, du château, de la cathédrale, du massif et durable, de l’éternel, de ce qui traverse les siècles. Notre imaginaire est celui d’un village de maisons en pierres, qui traverse les siècles. Nous visons encore le béton comme une sorte de pierre : durer est important. Tout ce qui est construit doit l’être pour l’éternité. C’est d’ailleurs un énorme enjeu de nos pratiques de construction (le béton, en vrai, ne dure pas aussi bien, surtout dans le changement en cours). C’est très différent des cultures avoisinantes, mais nous avons du mal à nous en rendre compte. Le Royaume-Uni a largement une culture de l’architecture marine, de légèreté, d’adaptation, de jeu avec les contraintes, fondée sur des tensions, du métal, des légèretés. Les Nordiques jouent avec le bois, beaucoup, qui est un matériau léger, et leur architecture est là pour répondre à des contraintes fortes, de froid, de résilience face à un climat extrême, et on privilégie la performance sur la durée. Au sud, on a une culture forte de gestion de la température, des flux d’air, car c’est la contrainte majeure. Nos majors du BTP, Vinci et Bouygues, reflètent cette culture issue de la grande commande publique, et de l’ouvrage d’art en béton, pas du tout la même, originellement, que celle des acteurs étrangers, issus d’une architecture du métal, du verre.
Aussi, notre culture française de l’urbanisme est très spécifique, et vient de la domination de notre État central, et de notre appel à l’uniformité et l’unité nationale. Une culture de la règle ferme, profonde, dense, et de normes uniformes, quand nos voisins font très différemment, en ayant une logique de planification et de dialogue plus que de règles, par exemple, au Royaume-Uni, fondé sur quelques principes, laissant beaucoup de place à l’adaptation au contexte, aux enjeux de chaque lieu de mise en œuvre, et aux acteurs responsables. Voilà pourquoi Londres a des tours légères en centre-ville, qui ne sont pas des manifestes politiques, quand on s’écharpe encore sur la tour triangle de la porte de Versailles à Paris, reléguée en périphérie. Notre culture de règles est montée à un point ahurissant, concernant l’urbanisme en lien avec l’écologie, en allant à un point culminant avec la RE 2020, réglementation environnementale, somme folle de décrets et arrêtés (aucune loi), constamment mis à jour (l’arrêter en 2020 aurait été trop simple), qui s’applique à l’ensemble des acteurs. Combinée à une logique où c’est bien le gouvernement qui doit décider des subventions et priorités accordées à tel ou tel domaine,
Voilà donc notre imaginaire et notre culture : un État centralisateur qui décide et domine, pose des règles centrales, et un esprit du bâti qui reflète cette culture, qui doit être de temps long, de noblesse et de durée.
La climatisation est donc un choix politique, qui doit témoigner d’une vision du monde, et une décision souveraine. Chez nos voisins, qui n’ont pas ce régime d’État centralisateur hypertrophié, le choix de la climatisation est pragmatique, mené dans une optimisation de contraintes et des arbitrages de principes portés par les décideurs de chaque projet, avec, oui, des règles communes, mais qui viennent après, dans un esprit de normes paratgées de professionnels, pas de décision ou acte politique.
Et comme, en France, c’est vu d’en haut avec ce regard politique, on reste fixé sur un imaginaire du temps long de la décision d’Etat. Le rêve, c’est la cathédrale : regardez, elle est encore fraiche. Et on se gausse des décisions folles, caprices rares, de la grande bibliothèque où des fours de verres rafraichies à grand frais par de la clim confirment que la bonne construction, c’est bien de la pierre épaisse. La Grande Arche, elle-même, était recouverte de marbre blanc !
Le monarque et l’État, la durée. Nous sommes après tout, malgré nos heurts politiques, l’État qui a une des plus grandes unités politiques du continent, autour d’un État central et d’un roi.
Le retournement de la relation écologique en France
Cette culture de la construction s’est construite aussi dans un pays très singulier, au-delà de la politique. La France a eu depuis un millénaire un climat globalement très tempéré (en métropole, et si on exclut des zones de montagne, qui ont une culture architecturale différente, et le sud-sud, qui s’est surtout densifié récemment). On n’a pas construit contre le climat, la chaleur ou le froid excessifs.
Dans ce rapport à un climat tempéré, le débat écologique dans le pays a pris une tournure singulière. Pendant l’émergence, ces dernières décennies, du mouvement écologique, qui, par construction, cherche un meilleur rapport à la nature, il s’est mené strictement dans une logique de réduire l’impact néfaste de l’homme sur la nature, dans un environnement où celle-ci est très clémente envers lui, et a toujours été une ressource et une matrice très favorable. Nous vivions sur un sol fertile et dans une nature clémente à notre égard. Ce n’est pas pareil dans des zones désertiques, arides, bien évidemment, où le mal fait à la planète doit être pondéré des désagréments que celle-ci fait vivre à l’homme.
Ce rapport est en train de changer, et la place de l’écologie, la culture écologique de notre pays avec. Nous dissertions il y a dix ans sur des menaces de long terme, dans un pays protégé. Depuis, les conséquences du changement climatiques se sont rendues sensibles, aux agriculteurs, d’abord, puis, par extension, de sujet en sujet, à tous, jusqu’à devenir intolérables ces derniers jours.
Nous avons vécu notre premier épisode climatique national. Pas une inondation dans le nord ou une rivière en crue dans une vallée, ou une tornade localisée. Tout le pays (sauf Cherbourg, un temps), ensemble, dans un vécu comment d’une nature soudain très agressive.
C’est une inversion. Il s’agissait pendant longtemps d’un problème d’urbains qui regardaient le long terme dans le confort de leur ville, qui se demandaient comment ne pas nuire à la planète. C’est maintenant un vrai sujet transversal, où l’inversion s’est faite : il s’agit de ne pas se faire brûler, et de trouver moyen de vivre dans la fournaise, de trouver refuge (l’expression du refuge m’a interloqué, cette semaine). Il ne s’agit plus uniquement de protéger la planète, mais aussi de se protéger du climat. En tout cas, l’équilibrage des priorités devient sensible. Ce retournement explique une partie de la violence des discours et la climatisation en est un avatar : il est temps de penser à nous, aussi !
Notre culture ne nous a pas préparé à ce nouveau rapport. Les Français, dans l’ensemble, sont attachés à un rapport équilibré à la nature. Ils aspirent profondément à vivre en harmonie avec elle, dans un rapport peu conflictuel, adversarial. Et voilà qu’arrive l’adversité ! Elle arrive pour les citoyens par à-coups, vagues, accidents. Inondations, tempêtes, subites, extraordinaires. Ce sont ces vagues qui créent de l’émoi en masse, et de la réponse politique. Ce ne sont pas les épisodes et adaptations en cours dans toutes les filières économiques. Ces pics émotionnels, dans notre espace médiatique polarisé, motivé par l’émotion, donnent lieu à des vagues de chaleur polémique massives.
Elles sont un passage dans une acculturation progressive à une nature plus hostile, pour laquelle il faut effectivement trouver les moyens d’une protection. C’est neuf. Et, surprise, nos réflexes culturels de construction (dépenser énormément en structures lourdes) et nos instruments de pilotage centralisés, uniformes et orientés par une vision politique ne sont pas adaptés à la recherche de confort individuel, locales. Ce n’était pas la priorité culturelle, et la réglementation venue d’en haut se fait moins avec les professionnels que dans un esprit de conformisme à la volonté du pouvoir.
Voilà où nous en sommes. Cette crise a montré à quel point la construction de nos règlements multiples, plans, n’était pas orientée vers l’atteinte d’objectifs clairs et précis, mesurées et évalués, que ce soit en décarbonation, ou en confort de chacun. Seul rejoint chez tout le monde l’idée d’une durée, mais qui a peu de sens dans un monde qui se bouleverse, et où le défi est l’adaptation à l’inconnu.
Mais, dans notre village gaulois, se mettre sur la gueule est préférable à chercher à inverser ces valeurs. Ca soulage un temps de la pression.
On peut faire mieux, en vrai. D’abord en prenant conscience de ces éléments culturels qui nous sont propres, et en cherchant des solutions, qui affrontent nos angles morts, et qui valorisent nos qualités et nos forces, au lieu de désigner des coupables.
Des voies d’issues
Cette nouvelle culture est en cours. Il faut accélérer le changement qui est en trai nde naitre avec cette canicule.
Les politiques parlent encore avec des mots de catégories et de planification décidée d’en haut (adaptation ,atténuation…) qui ne parlent pas aux Français de leur confort, de leur capacité d’action, de leur performance et de l’accompagnement de leur vie dans ce monde. Pour autant, les Français ont envie d’agir avec comme souci cet équilibre entre ne pas nuire et se protéger. Ils n’attendent que cela, avec une demande de repères plus vrais, qui sont plus de l’ordre des principes qui leur permettent d’avancer, que des règles qui les empêchent et ne protègent ni la nature, ni eux-mêmes.
De ce point de vue, le rôle du politique peut, doit aussi être de légitimer l’action individuelle, de lui donner un cadre d’action, des repères d’évaluation moraux et économiques, plutôt que de tout décider pour lui. C’est la demande, en creux, de Français qui aimeraient bien savoir si installer une clim, c’est mal, ou pas. Ce ne l’est pas, mal. Ca ne s’oppose pas à la durée. Ça n’a aucun impact carbone majeur et c’est totalement légitime, autant que le chauffage en hiver ou le fait de posséder un ordinateur ou une console de jeu (ça ne consomme pas tellement plus).
Il est temps de changer de culture, non sur notre capacité à équilibrer responsabilité individuelle, protection personnelle et souci de protection de la nature (c’est très équilibré dans les systèmes de valeurs des Français) mais bien en adaptant notre culture de la planification et de la décision publique. Le roi est nu. Il ne peut décider et fournir un cadre à toutes les installations et isolations de toutes les situations qui se dessinent devant chaque foyer, entreprise, collectivité.
Pourtant, nous continuons, dans une fuite en avant ahurissante de multiplicaitons des cadres et règles. Les règles de Maprimerénov ont changé plus de fois qu’il n’y a eu de gouvernements ces dernières années, ce qui rend fous les professionnels comme les particuliers qui ne comprennent plus rien. C’est un gage d’inefficacité à tous égards. Notre action publique continue de prétendre fixer des règles décidées à la place des acteurs sur ce qu’ils peuvent faire, et contraignent de manière totalement absurde les décisions d’installations, jusqu’à faciliter des optimisations qui changent d’année en année. Ainsi, une climatisation réversible n’est pas éligible à des soutiens publics, mais une PAC qui ne fait que chauffer, oui, alors que les deux sont efficaces. Mille détails absurdes font l’objet de calculs et négociations qui changent à chaque budget ou projet de loi rectificatif de celui de la veille.
Il est temps que nous changions de culture et d’imaginaire, et, avec, de pratique politique. Ce n’est pas notre monarque qui va tout construire pour nos futurs. Nous ne parlons pas de Cathédrales, mais d’adaptation et de résilience, en acceptant de construire un chemin par étapes, en sachant parer au plus pressé quand il le faut, et en ouvrant des possibles quand ils adviennent. Nos rois ont su construire des églises fraiches et durables, qui n’ont pas changé en un demi millénaire, ou plus. Ce n’est pas la recette de notre futur : la légèreté, l’adaptation, et le confort doivent primer, pour construire des lieux de production et de vie, pas des lieux de culte et de pouvoir.
Nous pouvons le faire.
Il nous faut donc plus et mieux regarder autour de nous. Pas loin. Apprenons de nos amis allemands, italiens, anglais, hollandais, suédois sur la manière dont ils pilotent cela. Nous serions surpris : ils ne commencent pas par faire des statements politiques. Apprenons à faire confiance aux professionnels, aux individus, aux entreprises, en leur donnant des repères et des principes plutôt que des règles à respecter qui changent tous les jours.
C’est une révolution culturelle qui se dessine devant nous.
Celle qui l’accompagne est celle d’une prise au sérieux de l’expression de nos talents, de la prise au sérieux de notre rebond productif, de notre protection dans un monde qui devient plus hostile, alors que nous ne l’avons jamais expérimenté à ce point.
Les Français ont longtemps frimé dans le monde entier en se disant le peuple le plus productif du monde. Cela a été vrai. Notre chance était simple : notre climat était tempéré, notre sol fertile, et notre pays uni. Nous regardions les pays chauds ou froids, fragmentés, avec un peu de mépris, ironisant sur leur lenteur, sur leur incapacité à sortir de la torpeur.
Depuis, notre productivité s’effondre, et nous entrons dans un climat hostile. Il est temps de nous considérer comme un pays qui doit prendre soin de sa force de travail, plutôt que de renoncer, et de suivre les conseils de Lee Kuan-Yun, l’homme qui a travaillé à faire de Singapour un pays autonome et puissant, capable d’agir. Il a désigné un facteur essentiel dans le succès de Singapour : « Air conditioning. … It changed the nature of civilization by making development possible in the tropics. Without air conditioning you can work only in the cool early-morning hours or at dusk. The first thing I did upon becoming prime minister was to install air conditioners in buildings where the civil service worked. This was key to public efficiency ».
Nous entrons dans les tropiques. Nous sommes en voie d’être un pays colonisé, qui doit chercher son émancipation. Ce sont deux ruptures majeures. Aider nos élèves et nos travailleurs à avoir des conditions d’exercice de leurs cerveaux et muscles est essentiel à notre prospérité, notre indépendance, le maintien de notre modèle social et la capacité de notre population, demain, de trouver des solutions aux problèmes du climat. Permettre à nos étudiants de bien apprendre, aux travailleurs de bien dormir est une question de survie de nos valeurs.
Il est temps de nous occuper de cette révolution culturelle, qui allie écologie et prospérité, performance, confort, et initiative. Pour révéler le potentiel de notre pays, qui ne vient ni de son monarque, ni de son climat, mais de ce que nous avons su faire entre les deux, dans la société.
Ça tombe bien, j’y travaille (des nouvelles bientôt).
Avec vous ?


Intéressant !
As tu lu « histoire naturelle de l’architecture » de P. Rahm? C’est complètement dans ce thème, et je crois que ça montre aussi que la France n’est peut être pas aussi singulière que tu le défends sur ces questions.
En outre, je crois que le dolorisme janséniste en cause ici n’est pas forcément celui de la société française en general mais celui du mouvement écologiste qui emprunte les tropes de la religion à son mode de pensée (cf par ex les interdits alimentaires, quels que soient leur bien-fondé par ailleurs)